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la pragmatique

À 72 ans, Connie Gardiner ne craint pas de parler franchement des effets du vieillissement. Son diagnostic d’arthrose en 2007, suivi de près par un diagnostic d’ostéoporose (qu'elle appelle la maladie des « os pourris »), a transformé sa manière de voir la vie et de prendre soin de sa santé. Sa découverte du cannabis lui a redonné espoir alors qu'elle traversait une période difficile.

En bref

Connie Gardiner

Ancien Ouvrier

Fondation des personnes atteintes du sida de Toronto

Je vais vous ramener un peu dans le temps, au moment où j'ai reçu mon diagnostic d’arthrose. La douleur que je ressentais était intolérable.Je la sentais concentrée dans mes deux genoux et, je ne peux pas le souligner assez fort, c’était insupportable. Sur les conseils de mon médecin, j’ai essayé plusieurs types de médicaments afin d’atténuer la douleur, mais rien n’y faisait. Mes symptômes empiraient tous les mois. Quand j’oubliais quelque chose d’essentiel en haut des marches, c’est toute ma journée qui était ruinée. Ma fille et mon petit-fils vivent avec moi et ils m’aidaient quand ils le pouvaient, mais ils ont leurs propres vies et ils ne peuvent pas toujours rester auprès de moi. J’avais un petit chien à cette époque, et je ne pouvais même pas le promener. C’était tellement triste. J’étais presque immobilisée.

Finalement, après avoir fait beaucoup de recherches par moi-même sur les bienfaits du cannabis, j’ai été voir mon omnipraticienne et je lui ai dit : « Je n’en peux plus. Je veux essayer la marijuana. » Elle m’a envoyé consulter une clinique prescrivant des cannabinoïdes.

Au début, tout à propos de cette expérience me semblait étrange et inconfortable. Je me rappelle qu’une jeune femme travaillait à la clinique et elle m’aidait, mais elle n’avait pas ce qu’il fallait pour m’offrir des conseils utiles sur le dosage ou sur les variétés à utiliser.

J’étais seule et j’avais beaucoup à apprendre. Je n’avais presque jamais expérimenté le cannabis, sauf quand j’étais jeune, et c’était alors frivole : j’avais mangé une boîte de beignes et ri comme une folle. C’est pourquoi quand, dans la soixantaine, j’ai commencé à utiliser un vaporisateur, je me suis dit : « Je ne suis pas certaine que c’est pour moi. »

Enfin, j’ai vu un autre médecin, et c’est la première fois qu’un professionnel de la santé m’a regardé dans les yeux pour me dire : « Je veux vraiment vous aider ». Saviez-vous que personne ne dit ça aux personnes âgées ? Personne. La vérité, c’est qu’en général ils n’y peuvent rien. Après tout, ils ne peuvent pas nous faire rajeunir, n'est-ce pas ? Souvent, la maladie est trop avancée, et les options sont limitées. Mais ce jeune homme voulait améliorer ma vie et travailler avec moi pour trouver une solution.

J’ai commencé à prendre des huiles de CBD pour le traitement de mes symptômes en 2016 et, pour moi, c’était bien mieux que les produits à teneur élevée en THC. J’ai remarqué que ça a fait une grande différence dans ma vie et pour mon bien-être. Soudainement, des tâches quotidiennes que je ne pouvais pas faire avant sont redevenues accessibles. Je pouvais promener mon chien. Je pouvais aller à une exposition d’œuvres d’art avec un ami et me promener pendant plus d’une heure sans souffrir. J’étais bien. Je me sentais de nouveau comme une personne entière.

Ce n’est pas un miracle, puisqu'il n'y a pas de miracles, mais maintenant je peux monter les marches sans fondre en larmes, sans douleur immense, et ça fait tout la différence. J’ai retrouvé ma vie.

Je crois que les personnes âgées devraient se sentir plus à l’aise de parler des difficultés qui viennent avec l’âge, des changements physiques et aussi de la perception qu’on a de nous, de la manière dont change le paysage social. Nous avons besoin d’être plus directs avec nous-mêmes et entre nous. Par exemple, saviez-vous que les personnes âgées dorment mal ? Surtout les femmes. De toutes mes amies, je ne connais qu’une personne qui arrive à bien dormir. Elle ne s’est jamais mariée et elle n’a pas d’enfant. [Rires] Alors, c’est peut-être ça, le secret.

Chaque femme a droit à son indépendance, et à la liberté de faire ses propres choix. Vieillir peut être difficile, car la vieillesse nous est imposée. J’éclate toujours de rire quand je pense à quel point Bette Davis avait raison de dire : « Ce n’est pas pour les mauviettes! » Mais il faut continuer de voir les choses de manière positive. Il y a toujours quelque chose à faire pour améliorer son bonheur.

Photographie de Angela Lewis

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Chaque femme a droit à son indépendance, et à la liberté de faire ses propres choix. Vieillir peut être difficile, car la vieillesse nous est imposée.
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Avant d’avoir des enfants, Connie a été enseignante à l’école publique pendant plusieurs années. Quand ses enfants ont eu l’âge d’aller à l’école, elle a commencé à travailler à la Fondation People With AIDS (PWA) de Toronto.

 

« Depuis 1987, PWA aide des hommes, des femmes, des hommes et des femmes trans et des enfants à vivre avec le VIH ou le sida. Le travail que nous avons effectué pendant les années 80 et 90 a été très important. Nous avons aidé beaucoup de gens. Je fais encore du bénévolat quand je le peux.

 

J’en parle parce qu’il y a un parallèle intéressant à faire entre les groupes de personnes stigmatisées. Dans les années 90, les hommes homosexuels qui partaient de Toronto pour aller à New York ou dans d’autres villes américaines pour travailler ou au Mexique ne pouvaient pas amener avec eux leur AZT. Souvent, on les fouillait aux douanes et leur médicament coûteux était confisqué. Bien sûr, ça n’arrive plus aujourd'hui, les temps ont changé. Mais pendant longtemps, c’était comme ça.

 

Je ne voyage plus du tout maintenant, parce que je ne suis pas certaine de savoir comment voyager avec du cannabis. Qu’est-ce que je ferais si mes articulations se bloquaient et que je n’avais pas mes médicaments? Qui irais-je consulter ? Je ne suis pas sortie de l’Ontario depuis des lustres. J’adore voyager, ça me manque. J’espère voir une plus grande acceptation future du cannabis en tant que médicament, peut-être même mondialement, et de préférence pendant que je suis encore assez jeune pour voyager. »

 

Cliquez ici pour faire un don à la Fondation People With Aids de Toronto.

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Comment aborder le sujet du cannabis thérapeutique avec votre médecin :
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1. Arrivez préparée : recherchez les différents producteurs autorisés et imprimez des documents de référence et des formulaires d’autorisation en ligne. Montrez à votre médecin que cette option thérapeutique est sérieuse pour vous.

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Soyez honnête : parlez-leur de votre histoire. Si le cannabis vous a déjà été utile, ils doivent le savoir.

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3. N’ayez pas peur de demander une recommandation. Même si votre médecin ne se sent pas à l’aise de vous prescrire du cannabis, il vous enverra en voir un qui l’est. Demandez une recommandation pour une clinique offrant des cannabinoïdes. Cliquez ici pour une liste des cliniques canadiennes offrant des cannabinoïdes.