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La fondatrice

À juste titre, on a surnommé April Pride « la marraine officieuse du mouvement des femmes et du cannabis ». En 2016, April a fondé Van der Pop, qui est rapidement devenue la marque « féminine » de cannabis la plus reconnue en Amérique du Nord. Elle a récemment lancé une société de consultation, Of Like Minds, afin d’aider d'autres marques de cannabis à mieux desservir les consommatrices et à communiquer plus efficacement avec elles. En mettant l'accent sur le choix et la transparence, April Pride s’affirme comme une visionnaire qui offre des solutions inédites.

En bref

April Pride

Founder of Van der Pop

Instagram

@aprilpride

Site Web

aprilpride.com

Lorsque j'ai fondé Van der Pop, j’avais une perspective de designer. Nous avons lancé des produits pour conserver, fumer et partager le cannabis qui ressemblaient aux articles qu’une femme aime garder sur sa vanité ou dans sa chambre. Nous avons développé une marque de lifestyle, et j'étais très fière de nos magnifiques produits. Mais j'ai réalisé que nous devions travailler davantage sur l'acceptation et l'utilisation avant de nous attaquer à l'esthétique.

Assez rapidement, nous avons élargi notre champ d'action pour inclure l'éducation des femmes, afin qu'elles soient à l'aise et confiantes dans leurs décisions relatives au cannabis. J'étais frustrée par les messages dominants, et par le fait qu'il n'existait pas de ressources véhiculant une image complète et honnête de la situation. Je suis du type « grande sœur » : je désire partager toute nouvelle information avec les femmes qui m’entourent. Les femmes étaient encore incertaines face au cannabis. Quelle quantité consommer ? Quels seront les effets ? Ce choix aura-t-il un impact positif sur ma vie ?

Mon mandat chez Van der Pop s'est terminé en février dernier, et nous avons ensuite rapidement démarré Of Like Minds, un cabinet-conseil en cannabis pour guider les marques qui ne s’adressent actuellement qu’aux hommes. Notre mandat est d'aider nos clients à offrir des produits destinés aux femmes, ou d’établir des liens efficaces avec les femmes. Comme vous le savez, il s'agit d'un énorme bassin de consommateurs auquel personne ne s'adresse véritablement. Le cannabis agit sur le corps des femmes de manière spécifique. Quand j’ai commencé dans l’industrie, personne ne parlait vraiment de cannabis aux femmes : personne ne leur expliquait que malgré toutes ces années où nos écoles et nos gouvernements nous incitaient à dire « non », il y avait en réalité beaucoup de raisons de dire « oui ». Qu'il s'agisse d’angoisse sociale, de renoncer à l'alcool au profit du cannabis, ou d'entretenir des relations plus profondes avec nos partenaires, les raisons pour lesquelles les femmes choisissent le cannabis sont nombreuses.


Je voudrais que les femmes se sentent à l'aise et confiantes, mais si ce n’est pas le cas, c’est correct aussi. Je suis perpétuellement en situation d’apprentissage, et pourtant je fais ça à tous les jours.

Je voudrais que les femmes se sentent à l'aise et confiantes, mais si ce n’est pas le cas, c’est correct aussi. Je suis perpétuellement en situation d’apprentissage, et pourtant je fais ça à tous les jours. Je pense qu'il est important de faire preuve de transparence face à la complexité du cannabis et à notre relation avec lui. Il faut s'assurer que les femmes n'ont pas l'impression d'être exclues. Et si elles sont indécises, il faut demeurer ouvertes, parce que mieux vaut trouver la bonne réponse que souffrir en silence et stagner, n'est-ce pas ? Il s'agit de gérer la stigmatisation. Petit à petit, on s’y attaque du mieux qu’on peut.

J'ai toujours éprouvé beaucoup de plaisir à faire mon travail, et cela me donne envie de m’y consacrer davantage. J'ai constaté que le cannabis représentait une opportunité incroyable, et je l'ai saisie. Les femmes qui réussissent devraient se sentir à l'aise de parler davantage de leurs réalisations. Parfois, j'ai l'impression que les gens croient que j'ai été chanceuse avec Van der Pop. Évidemment, le fait d'être au bon endroit au bon moment y est pour quelque chose, mais j'y suis surtout arrivée grâce à mes compétences et à mes idées claires : j’ai prix ça au sérieux. J'ai vu qu'il y avait un marché au Canada, et j’ai été l'une des rares entrepreneures qui l'ont compris et qui ont agi en conséquence. Je ne veux pas minimiser cela : je suis fière de mon succès.

J'ai toujours voulu œuvrer pour le bien. Cette industrie sera éventuellement dominée par les gros joueurs, comme l’industrie pharmaceutique ou celle du tabac. Et je crois à la nécessité de conserver une motivation pure, axée sur les intérêts des consommateurs.

Je suis reconnaissante d'avoir trouvé le cannabis pour remplacer l'alcool, qui m’a causé de sérieux problèmes à certains moments de vie. J'ai dû prendre la décision de m’en éloigner et de demeurer sobre pendant des années, sans alcool. J'aime m’amuser et communiquer avec les gens, mais il m’arrive d’avoir du mal à me détendre. Je crée des entreprises, je suis une fondatrice : souvent, c’est très exigeant. L’année 2018 est celle où l’industrie du cannabis est véritablement devenue une industrie axée sur le bien-être. Je pense que c'est une bonne chose et que beaucoup de femmes vont consommer du cannabis à des fins de bien-être. Mais il faut également se demander pourquoi les gens ne pourraient-ils pas consommer du cannabis simplement dans le but de planer ? Nous devons faire en sorte que les femmes, et les gens en général, aient le sentiment que socialiser avec le cannabis représente un choix acceptable, plutôt que de s’en remettre à l'alcool, aux pilules et à d’autres substances plus dures.

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Comment cette PDG-vedette maintient-elle sa santé physique et mentale ? Les techniques de bien-être d’April sont simples et peu nombreuses « parce que la vie est assez compliquée comme ça », dit-elle. Le bien-être repose sur de choses accessibles au quotidien.
1

S’hydrater. J'ai toujours une bouteille d'eau avec moi. Cela semble simple, mais j'ai négligé de le faire pendant des années et maintenant, j'essaye de me rattraper. Le résultat ? J'ai beaucoup plus d'énergie pendant la journée.

2

Le sommeil réparateur. Je donne la priorité au sommeil. Avec mon emploi, il n'est pas toujours possible de compter sur une nuit complète de repos, mais je m'assure d'avoir un sommeil de qualité au moins 5 nuits sur 7. Un meilleur sommeil signifie une meilleure humeur, une meilleure productivité : on ne l'appelle pas « sommeil réparateur » pour rien !

3

Prendre le temps de s’amuser. Je suis mère de famille et propriétaire d'entreprise, et il est important pour mon bonheur de prendre du temps pour moi, loin de ces deux rôles. Même au milieu du chaos, il faut trouver du temps. Le matin de la fête des mères, j'avais un brunch familial et un dîner de famille le soir, mais j’ai quand même pris du temps pour moi-même entre les deux.