vivre

la connaisseuse

Kayla possède beaucoup d’autres talents que la « connaissance experte du cannabis » - elle est également chanteuse, danseuse, actrice, mannequin et professeure de danse. Lorsque Kayla Gerber a été choisie par la société torontoise AHLOT - parmi 25 000 candidats – afin d’être payée pour consommer et évaluer le cannabis, elle avait peine à y croire. Kayla fait maintenant partie de leur comité de sélection de cannabis, dont le rôle principal est de développer un système universel d’évaluation et de description du cannabis, un peu comme la sommellerie pour le vin.

En bref

Kayla Gerber

Cannabis Connoisseur

Instagram

@kween_of_kweenz

Site Web

ahlot.com/ccc

J’ai reçu un diagnostic de fibromyalgie à l'âge de 10 ans, voilà 17 ans déjà. Puisque j'ai été diagnostiquée à un si jeune âge, il m’est difficile de me souvenir comment j'ai pu composer avec cette douleur à l'époque. J'utilisais n'importe quel médicament pour me soulager. Au fil des ans, plusieurs médecins ont balayé mes symptômes du revers de la main, les qualifiant simplement de paresse. Comme j’en fais la preuve aujourd'hui, je suis loin d’être paresseuse : bien au contraire, je suis toujours en mouvement. Mais ma maladie m'empêchait d’atteindre mon plein potentiel.

Quand on doute ainsi de nous, on finit par se sentir vraiment déprimée. On perd sa soif de vivre parce qu’on a l’impression que c’est la maladie qui nous définit. Un jour, je me souviens d'avoir pensé que ça ne pouvait pas demeurer comme ça pour le reste de mes jours. Je me suis dit : « Sais-tu quoi, Kayla ? Ta fibromyalgie ne sera plus au centre de ta vie, et nous allons changer la perception que les gens ont de toi. » Pour moi, c’est le cannabis qui a été la source de ce changement.

Même avec les traitements, il y a beaucoup de moments où je me sens déprimée, où je combats, parce que ma fibrose me fait souffrir - elle affecte mes muscles, mes nerfs, mon système articulaire et mon système gastro-intestinal. La plupart du temps, les fibro-patients souffrent de fuites intestinales, de SCI et d'anxiété, en plus de leur douleur chronique habituelle.

Pour traiter mes symptômes et mener une vie plus active, je consomme régulièrement du cannabis depuis 10 ans, sans aucun produit pharmaceutique que ce soit. Pas de pilules du tout. Zéro ! J'utilise du cannabis séché ou de l'huile. L'huile de CBD a changé la donne dans l'industrie ainsi que pour moi, personnellement. Lorsque j'ai adopté l'huile de CBD pour me soigner, tout est soudain devenu plus clair. Je pouvais entrevoir mon avenir avec optimisme.


Lorsque j'ai adopté l'huile de CBD pour me soigner, tout est soudain devenu plus clair. Je pouvais entrevoir mon avenir avec optimisme.

I come from an adopted family. I’m very lucky — I grew up and was adopted into an Italian, Irish family which was different from my biological Jamaican-Caribbean roots. My adopted family has always taught me that it’s okay to be in my own skin even if people don’t like me and so I’ve never judged myself or felt shame about my skin colour. But, it’s interesting, because within the cannabis space it kind of became something that really differentiated people, and I would, you know, see myself get stopped by a cop, but then, you know, my girl Danielle, with blonde hair, blue eyes, she can walk down the street no problem with her cannabis and never have any issues. I think we’re seeing some positive change in that department when it comes to cannabis and legalization.

This is no small feat, especially because we’re still seeing a high number of hate crimes, due to intolerance and ignorance. Cannabis is like this little go-getter that amongst all the craziness that is happening in our world, managed to achieve legalization. And for me, that’s just a huge step forward in culture, and although things are not perfect, we’re moving in the right direction. I’ve been given this tremendous career opportunity, and I’m seeing my face blasted all over the internet from the UK to the US to Canada, and I don’t have to worry about like repercussions that I would have faced only a few years ago. I love that I can speak out on the issues that matter to me. I am proud to be that voice for some of my Caribbean and African community.

 

L'occasion de me joindre au comité de sélection d'AHLOT a été très importante pour moi. Il y a quelques années encore, j'aurais probablement été criminalisée pour avoir ouvertement consommé du cannabis en tant que femme noire, et maintenant je peux consommer sans me cacher, tout en défendant les mes semblables.

 

Jusqu'à présent, ce travail s’avère très intéressant ! Peut-être que les gens pensent que nous fumons du cannabis en retour d’argent - et quoique ce soit un peu vrai, c’est aussi beaucoup, beaucoup plus. Je ne suis pas une analyste de souche, parce qu'un analyste de souche vous révélera quelque chose sur chaque souche qu'il échantillonne. En tant qu'évaluatrice, je peux essayer jusqu’à trois souches et, selon mon évaluation, les clients ne sauront peut-être jamais que je les ai essayées si elles ne s’avèrent pas à la hauteur. Mon travail consiste à évaluer la qualité globale en fonction des clients. À l'instar d'un critique de vin, nous évaluons l'attrait visuel, la densité des bourgeons - est-il souple, sec, duveteux ? Nous examinons aussi le produit au microscope - nous examinons les trichomes visibles des plantes, leurs pistils et leurs couleurs. Notre objectif est de trouver des descripteurs d'arômes universels, et c'est probablement l’aspect que je préfère dans ce travail – je n’accordais pas beaucoup d’importance à la variété des odeurs quand je travaillais en dispensaire. Il fallait bien sûr que le cannabis ait une odeur agréable, mais je n'ai jamais poussé mon analyse jusqu’à décrire l’arôme du cannabis. La formation et l'apprentissage m’ont véritablement ouvert l'esprit. L’observation microscopique du cannabis est fascinante.

Au cours des cinq dernières années, j'ai eu la chance de travailler avec passion dans plusieurs domaines différents, de la danse aux dispensaires de cannabis ! Mon plus grand rêve maintenant est de posséder un salon de cannabis. Je ne suis pas une buveuse : quoique je me sois toujours amusée en sortant, je n'aime pas fréquenter les gens ivres. Ainsi, ce serait génial d'avoir un endroit où je peux me détendre, fumer de l'herbe, peut-être danser, ou assister à des spectacles d’humour stand-up. J'aimerais bien ouvrir un salon comme ça ici à Guelph. J'aimerais m’occuper de débats politiques qui entourent le cannabis dans ma propre ville, puis dans les villes environnantes, où il y a un besoin criant d'éducation et de militantisme, comme à Kitchener, à Waterloo et à Cambridge. Je veux trouver un moyen de rassembler toutes mes passions : c'est ce que désire pour mes 30 ans.

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Bien que le cannabis puisse être consommé à des fins récréatives ou comme traitement, l'éducation est toute aussi importante. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le cannabis, il peut être particulièrement difficile de naviguer parmi les différentes marques et variétés. C'est l'objectif du comité de sélection d'AHLOT. Mon travail, c’est d'aider les intervenants du marché récréatif à obtenir les conseils dont ils ont besoin pour prendre les décisions qui leur conviennent le mieux. Voici quelques conseils de Kayla pour les débutants :
1

Commencez par votre propre éducation. En lisant des articles en ligne, en discutant avec des gens comme moi, ou en faisant un peu des deux. De tous vos amis sur Facebook, il doit y avoir au moins une personne qui en sait beaucoup sur le cannabis et qui ne sera pas gênée de vous parler de son expérience. Vous pouvez aussi vous rendre dans un dispensaire et parler à quelqu'un dont le travail est de répondre à vos questions !

2

Prenez votre temps. Ce n'est pas comme si la légalisation allait prendre fin subitement. Vous n'avez pas besoin d'essayer 10 souches en une seule journée pour trouver ce qui vous convient le mieux. 

3

Écoutez votre corps, et soyez curieuse. Vous devez trouver ce qui fonctionne le mieux pour vous. Chaque personne est différente, et c'est très bien ainsi!