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L’athlète

Bien souvent, on parle davantage des préjugés entourant le cannabis que des faits réels. Nous nous sommes entretenus avec Allia McLeod, productrice chez HuffPost Canada, au sujet de l'accident de voiture qui a bouleversé sa vie, et qui l'a menée à adopter le cannabis dans une perspective de mieux-être. Même dans la trentaine, avec une prescription médicale pour le THC pour gérer ses maux de dos, Allia plaisante : « Eh bien je suppose qu’après avoir pris connaissance de cet entretien, mes parents sauront que je consomme du cannabis ». Quand est-il approprié de parler de votre relation au cannabis avec vos collègues de travail ? Avec vos parents ? Avec vos enfants ? Comment pouvons-nous établir une meilleure communication afin de faire part de nos choix personnels ?

En bref

Allia McLeod

Productrice Senior

HuffPost Canada

Programmatrice

Festival de films Inside Out

Instagram

@heyalliahey

Lors de ma première année d’université, j’ai été victime d’un accident de voiture qui a tout changé pour moi.

J’avais obtenu une bourse pour jouer au basketball dans une grande université de Floride et à cette époque, le fait d’être une athlète était en grande partie mon identité, toute ma vie. J’avais un poste de départ dans l’équipe, quelque chose d’inédit pour une étudiante de première année. C’était un moment de ma vie où je m’épanouissais non seulement en tant que femme, mais aussi en tant que joueuse. J’avais l’impression d’être au sommet de ma forme.

L’accident de voiture s’est produit pendant les vacances de mars de ma première année à l’université. Je m’en souviens encore très bien, comme un film, ce qui n’est pas inhabituel dans le cas d’un événement traumatisant. Vous pouvez le rejouer dans votre tête encore et encore et encore. Une amie conduisait la voiture, et son café est tombé sur mon côté gauche, alors je me suis penchée pour le ramasser; c’était ma position au moment de l’impact.

Le bas de mon dos était en très mauvais état. Un de mes reins était meurtri. Il y a également eu des complications. Je n’ai pas pu terminer la saison et j’ai eu beaucoup de chance que mon entraîneur soit si merveilleux, parce que cette bourse d’études était mon laissez-passer vers une éducation, des études. Les enjeux étaient importants.

 

 

Le processus de réadaptation pour me ramener sur le terrain a été assez intensif. J’ai joué tout le temps que ma bourse me l’a permis, mais à chaque année qui passait, mon corps m’envoyait le message qu’il en avait vraiment assez. Mon corps essayait de me dire quelque chose, mais je ne l’ai pas écouté.

Je suis maintenant aux prises avec des douleurs chroniques. Lorsque je suis venue m'établir au Canada, au début de la vingtaine, j’ai tout essayé avant de donner une chance au cannabis. Je suis Jamaïcaine, donc le cannabis est quelque peu normalisé depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. Cependant, ma famille était très religieuse et, en grandissant, j’étais une athlète, alors bien que j’aie consommé de la marijuana à des fins récréatives à l’adolescence, je m’en suis surtout tenue à l’écart et je me suis concentrée sur mon sport, l’athlétisme. Pour bien des raisons, j’étais vraiment convaincue que j’allais me débarrasser de mes douleurs sans avoir recours au cannabis.

J’avais un chiropraticien, un massothérapeute, un physiothérapeute, mais j’ai constaté qu’ils ne m’apportaient pas de soulagement à long terme. J’ai essayé des relaxants musculaires et d’autres analgésiques.

«
Depuis, je dors toute la nuit, sans douleur.
»

Finalement, je me suis débarrassée de mes craintes et je me suis procuré une ordonnance de THC. Depuis, je dors toute la nuit, sans douleur, et le cannabis fait dorénavant partie de ma routine avant de me coucher.

Je suis une adulte et je devrais pouvoir dire à mes parents que je consomme du cannabis. Peut-être que la prochaine fois qu’ils viendront me rendre visite, je leur dirai. Je me demande si ma famille adhère toujours aux préjugés et aux stéréotypes liés au cannabis. Elle est en Jamaïque et elle entretient l’idée que le cannabis est la drogue des paresseux. J’espère qu’un jour, bientôt, je pourrai lui faire changer d’idée en lui disant que je suis productive, que je vis la meilleure vie possible et que je consomme du cannabis. am productive. I am living the best life I can possibly live. And I use cannabis.’

Je sais que les choses arrivent pour une raison. Si l’accident ne s’était jamais produit, je ne pense pas que je me serais retrouvée au Canada dans le domaine des médias, une carrière que j’aime vraiment. Je serais probablement encore en Floride à entraîner une équipe de basketball. Peut-être également que je n’aurais pas été capable d’accepter totalement qui je suis : une femme « queer ». Je n’aurais pas rencontré ma femme si je n'étais pas venue au Canada. Je ne peux pas imaginer un présent différent, parce que j’ai vraiment une vie belle.

 

Photographie de Angela Lewis

Avant de me coucher, j’allume mon diffuseur et j’ajoute le parfum d’aromathérapie dont j’ai besoin, puis je fais des étirements. Je sors mes mots croisés [rire], j’installe mes nombreux oreillers sous mes genoux et derrière mon dos comme une vieille femme, et j’utilise mon vaporisateur pour consommer du cannabis. Honnêtement, cela a eu un effet tellement positif dans ma vie.

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« The Same Difference »,

Allia est productrice pour le Huffington Post, se concentrant sur les médias de style documentaire. Elle travaille également avec le festival de films LGBT Inside Out de Toronto à la sélection des films à projeter. Festival de films Inside Out.

Elle est particulièrement fière d’avoir programmé « The Same Difference »,un documentaire sur les lesbiennes qui font preuve de discrimination envers les autres lesbiennes, en raison des « rôles de genre ».