Idées folles

De la lutte contre la prochaine superbactérie résistante aux antibiotiques, à l'endiguement de l'épidémie d'opiacés, les scientifiques se tournent vers la nature pour assurer l'avenir de la médecine.

ROSEMARY WESTWOOD
BENOIT PAILLÉ

Prenons l’exemple de la mûre d’orme d’Italie. Ou encore ce buisson qui fait germer des baies rouge-sang, qu’on appelle le poivrier, originaire du Brésil. Observez les champignons à psilocybine, qui ont fait affluer les voyageurs à Oaxaca dans les années 1950 ; la plante de cannabis à feuilles étroites, originaire d’Asie centrale ; la vigne ayahuasca, solide et filamenteuse, aujourd’hui commercialisée au Pérou ; et le champignon mortel de l’ergot, ancêtre du LSD, qui poussait sur les tiges de seigle en Europe médiévale. 

À l’avenir, lorsque vous serez malade, triste ou déprimé, que vous serez confronté à une dépendance, que vous souffrirez du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ou que vous essaierez simplement de passer une meilleure journée, vous vous tournerez peut-être, comme c’est le cas actuellement, vers une pilule. La différence, c’est ce qu’il y aura à l’intérieur de cette pilule.

Le monde médical se tourne de plus en plus vers la nature pour la prochaine vague de médicaments révolutionnaires. Et l’arrivée de cette vague est accélérée par les progrès technologiques en neurosciences et en biotechnologie, par la renaissance des drogues psychédéliques récréatives et par la nécessité, tout simplement, alors que les superbactéries résistantes aux antibiotiques envahissent les hôpitaux et que l’épidémie d’opiacés décime les communautés. La question n’est pas de savoir si ces médicaments vont changer nos sociétés, mais plutôt comment, et dans combien de temps ?

Singeries

Au début des années 2010, des personnes atteintes du VIH aux États-Unis ont décidé d’expérimenter le cannabis. Ils savaient depuis longtemps que la consommation de drogues illicites était associée à une mauvaise santé chez les personnes atteintes, et ils voulaient tester l’impact du pot. Ils ont donné à des singes rhésus infectés des doses quotidiennes élevées de tétrahydrocannabinol, ou THC, le composant psychoactif de la plante. Les résultats ont été surprenants. Les singes qui ont reçu du THC étaient en meilleure santé que ceux qui n’en avaient pas reçu.

M-J Milloy a pris connaissance de l’étude avec surprise. Milloy, professeur et épidémiologiste spécialisé dans les maladies infectieuses au département de médecine de l’Université de Colombie-Britannique, a décidé de voir si ce qui fonctionnait pour les singes rhésus fonctionnerait également pour les humains. Il fait partie d’une équipe qui mène depuis longtemps une étude portant sur 1 000 Vancouverois vivant avec le VIH, dont environ 90 % ont consommé des drogues injectables à un moment ou à un autre. Milloy et ses collègues ont analysé les données qu’ils avaient recueillies, et la réponse s’y trouvait. 

« Je n’oublierai jamais la surprise lorsque j’ai terminé l’analyse et que j’ai vu que les participants qui consomment du cannabis ont moins de VIH dans le sang que ceux qui n’en consomment pas, » dit-il, « et la seule explication possible est reliée au cannabis ». Il semble donc que l’herbe pourrait aider à lutter contre le VIH. 

Milloy qualifie ce moment de « révélation ». Il tente toujours de comprendre exactement pourquoi le cannabis a cet effet, et ce n’est qu’une des nombreuses questions que se posent les chercheurs sur la façon dont le cannabis pourrait être utilisé pour d’autres maladies et affections. Une véritable kyrielle de recherches cliniques est en train de passer en revue des milliers d’années d’expériences anecdotiques avec le cannabis – aide au sommeil, anxiolytique, stimulateur d’appétit… La légalisation a peut-être ouvert la porte à la consommation, mais nous avons encore beaucoup plus de questions que de réponses sur la façon dont le cannabis affecte le cerveau, en bien comme en mal. 

Plusieurs questions fondamentales demeurent, comme par exemple : pourquoi le cannabis rend-il certaines personnes anxieuses ? Quels peuvent être les effets à long terme de la consommation chez les adolescents ? La méthode d’ingestion a-t-elle de l’importance ? Pour Milloy, la question de la délimitation entre les effets de la CDB et du THC, c’est la « question à 64 000 dollars ». 

Dans ses dernières recherches, l’équipe de Milloy a pris les données de l’Enquête nationale sur la santé au Canada et a découvert que les personnes diagnostiquées comme souffrant de SSPT et qui consommaient du cannabis ne présentaient pas de risque de suicide ou de dépression – deux symptômes très courants du SSPT. Cela pourrait avoir un rapport avec la capacité du cannabis à favoriser le sommeil, affirme M. Milloy. C’est une théorie qu’il aimerait tester dans le cadre d’un essai clinique qu’il espère lancer au cours de la nouvelle année. 

En attendant, des médicaments spécialisés dérivés du cannabis font leur apparition sur le marché. L’agence fédérale de la santé du Royaume-Uni a approuvé les premiers médicaments à base de cannabis en novembre. L’un d’eux utilise le THC et le CBD, ou cannabidiol, pour réduire la raideur et les spasmes chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, et un autre, qui contient du CBD, été conçu pour réduire les crises des personnes épileptiques. Les autorités réglementaires américaines ont approuvé un médicament à base de cannabis contre l’épilepsie en 2018, et une autre étude américaine en cours examinera l’impact du cannabis sur le stress et l’anxiété. Dans le cadre d’une recherche qui devrait intéresser les femmes du monde entier, un psychiatre de Harvard et chercheur sur le cannabis prévoient examiner l’utilisation de suppositoires contenant du CBD pour les symptômes du syndrome prémenstruel et étudier l’impact du cannabis sur la ménopause. 

L’un des aspects les plus urgents de la recherche sur le cannabis consiste à déterminer comment cette drogue pourrait aider les personnes dépendantes aux opiacés, qui risquent de faire une overdose au moment où nous vivons une crise du fentanyl sans précédent. Une étude menée à New York et publiée en mai dernier a démontré que les consommateurs d’opiacés à qui l’on administrait des pilules de CBD avaient considérablement réduit leurs envies d’opiacés et leur anxiété. Une des études de Milloy sur le groupe de Vancouver vivant avec le VIH a révélé que les personnes ayant du THC dans leur urine étaient beaucoup moins susceptibles d’avoir du fentanyl dans leur urine : il s’agit d’une corrélation révélatrice. Milloy dit avoir entendu parler de groupes dans le Downtown Eastside de Vancouver qui ont commencé à distribuer gratuitement du cannabis, convaincus que cela peut sauver des vies. Et ça ressemble beaucoup à un projet de recherche que prépare l’équipe de Milloy.

« L’un des essais auxquels nous pensons serait de recruter un groupe de personnes présentant un risque d’overdose, de leur permettre d’accéder gratuitement à une source de cannabis légale et réglementée, et de voir ce qui se passe », dit-il.

La légalisation a peut-être ouvert la porte à la consommation, mais nous avons encore beaucoup plus de questions que de réponses sur la façon dont le cannabis affecte le cerveau, en bien comme en mal. 

Un gros trip

À peine quelques années après la publication dans le New Yorker de « The Trip Treatment » par Michael Pollan (un exposé sur les drogues psychédéliques qui a entraîné une nouvelle vague de recherche sur ces substances), l’Université de Toronto espère initier ce que l’on croit être le premier essai clinique rigoureux à double insu sur le microdosage. 

On dit que le microdosage, en vogue dans Silicon Valley depuis des années, augmente la productivité. Dans le cadre d’une enquête du nouveau Programme de recherche sur les études psychédéliques de l’Université, les microdoseurs ont déclaré que leurs minuscules doses de LSD (diéthyllysergamide) ou de psilocybine (le « magique » des « champignons magiques ») les rendaient plus calmes et de meilleure humeur. Ils pouvaient mieux se concentrer et s’entendre avec leur famille, un phénomène que Norman Farb a affublé du sobriquet « effet Family Feud ».

Norman Farb est professeur adjoint de psychologie et directeur du nouveau programme à Toronto, où il travaille avec deux étudiants de troisième cycle. Au cours de la prochaine année, ils ont pour objectif de recruter 100 personnes pour tester l’efficacité du microdosage de la psilocybine. Les Aztèques l’appelaient peut-être « la chair des dieux », mais selon Farb, rien ne prouve que le microdosage (que le département définit comme 0,2 gramme de champignons séchés) fonctionne mieux qu’un placebo. L’équipe a demandé une exemption à Santé Canada pour étudier le médicament, exemption que Farb espère obtenir d’ici l’été 2020. 

[Psychédéliques] pourrait créer en nous un sentiment plus profond de connexion avec la nature et l’environnement, au moment-même où la population mondiale menace l’avenir de notre planète avec sa consommation effrénée de combustibles fossiles et sa destruction des habitats.

De hauts dirigeants de l’Université de Toronto ont avoué à Farb qu’en tant qu’enfants des années 60, « ça fait longtemps qu’ils attendaient ça ». Une première révolution dans le domaine de la recherche sur les substances psychédéliques, au milieu du siècle dernier, a eu lieu dans l’improbable ville de Weyburn, en Saskatchewan, où Humphry Osmond et Abram Hoffer ont expérimenté l’utilisation des psychédéliques pour traiter l’alcoolisme et la schizophrénie (c’est Osmond qui a inventé le terme « psychédélique »). La popularité récréative de ces drogues a marqué cette époque, bien qu’en privé la CIA, entre autres, a fait des recherches sur le LSD pour contrôler les pensées. Ces expériences ont mené à la torture et au décès de nombreux prisonniers. Timothy Leary demeure l’incarnation du scientifique évangélisateur psychédélique de l’époque ; ce chercheur de Harvard a quitté le monde universitaire pour former une sorte de religion psychédélique qu’Erika Dyck, auteure de Psychiatrie psychédélique : Le LSD de la clinique au campus, a surnommé « la paix intérieure grâce aux hallucinogènes ».

De l’alimentation à l’illumination

L’étude de ces médicaments demeure risquée, affirme Farb. Elle fait face au scepticisme et à l’incrédulité des chercheurs. Il souhaite mettre sur pied non seulement une étude réputée, mais également un cadre pour l’avenir de la recherche rigoureuse sur les substances psychédéliques. Farb a étudié la méditation – un autre domaine jugé peu sérieux jusqu’à ce qu’il devienne courant et que les chercheurs commencent à prouver son efficacité. Si l’on peut prouver que la méditation aide les gens, se demande-t-il, alors pourquoi ne pas se demander si c’est également vrai pour les psychédéliques ? Même ceux qui sont convaincus que ces drogues sont dangereuses devraient en vouloir la confirmation scientifique, affirme-t-il.

« Si vous croyez que c’est pernicieux, vraiment risqué et déconseillé, ne voudriez-vous pas qu’un projet de recherche transparent et responsable fasse la démonstration de ces dangers? », demande Farb. « Et si vous pensez que ça va libérer le monde et transformer la conscience humaine, ne voudriez-vous pas alors une recherche rigoureuse et impartiale pour démontrer ces avantages? »

Des inconnus harcèlent littéralement Farb pour participer à l’étude, bien que l’équipe attende l’approbation de Santé Canada avant de commencer à recruter des patients (donc ne lui envoyez pas de courriel après avoir lu ceci). La recherche pourrait non seulement établir si le microdosage procure un avantage, mais aussi s’il est sécuritaire. Par exemple, devriez-vous aller chercher vos enfants à l’école alors que vous êtes sous l’effet de la psilocybine ? 

« Personne ne jugerait acceptable de conduire une voiture après avoir pris une dose complète, mais ils le feraient peut-être avec une microdose », explique M. Farb. 

Il s’inquiète également des investisseurs en capital-risque qui pourraient vouloir financer la recherche, alléchés par les énormes profits que pourrait engendrer la nouvelle frontière psychédélique. Son équipe a été contactée par des personnes désireuses de financer leurs recherches, mais qui veulent aussi « s’approprier les données sur la sécurité », dit-il. 

« Des entreprises et des investisseurs en capital-risque nous ont contactés pour essayer de voir comment ils pourraient « nous utiliser » pour développer la propriété intellectuelle, et nous nous sommes dit que si personne ne se penche sur le sujet, le secteur privé va en faire ses choux gras » dit-il. « Et alors, il n’existera pas de données indépendantes pour savoir si c’est bon ou mauvais. »

Brian Rush, chercheur de longue date en santé mentale au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), a constaté le même intérêt lors des dernières conférences auxquelles il a assisté. Des investisseurs en capital-risque sont venus nous poser des questions telles que : « Quelles sont les marges bénéficiaires de ce médicament ? Ce sera efficace pour qui ? Si c’est comme une pilule qui guérit, qui va faire de l’argent avec ça ? » Des fonds privés seront bien sûr nécessaires pour mettre en place la recherche et fabriquer des médicaments, dit M. Rush, mais « nous devons être très prudents quant au rôle de ce type de partenariat entre le public et le privé ». 

Si l’on peut prouver que la méditation aide les gens, se demande [Farbe], alors pourquoi ne pas se demander si c’est également vrai pour les psychédéliques ?

Depuis sept ans, Rush étudie les débouchés d’un autre psychédélique : l’ayahuasca. Il fait partie d’une équipe qui étudie ses effets au centre de traitement Takiwasi, en Amazonie péruvienne. Au cours d’un programme de neuf mois, l’ayahuasca – une infusion de la vigne ayahuasca et de feuilles de chacruna, qui contiennent l’hallucinogène DMT – est administrée à des groupes en même temps que d’autres traitements psychothérapeutiques. Rush dit qu’ils espèrent commencer à analyser les données recueillies auprès des participants (dans certains cas jusqu’à deux ans après le traitement) au printemps 2020. 

« Nous avons franchi le seuil d’acceptabilité » pour l’étude des psychédéliques, dit M. Rush. « Je ne suis pas seul à sortir du placard ».

Comme d’autres psychédéliques, l’ayahuasca agirait sur les réseaux cérébraux associés à la dépression, à la toxicomanie et aux troubles anxieux, explique M. Rush. Des études indiquent qu’elle pourrait aider à combattre l’alcoolisme et la dépression. Un chercheur de l’Université Laurentienne a découvert qu’elle pourrait être bénéfique aux personnes souffrant de troubles alimentaires. Il pourrait également avoir le pouvoir psychiatrique de relâcher les souvenirs et de libérer les émotions refoulées, ajoute M. Rush. Encore plus que d’autres psychédéliques, dit-il, il est associé à des expériences religieuses. Une étude a révélé que les utilisateurs de l’ayahuasca étaient plus susceptibles que les utilisateurs d’autres psychédéliques de communier avec un pouvoir supérieur alors qu’ils sont sous l’effet de la drogue.  

« Je pense que le travail des chercheurs est maintenant d’essayer de ralentir un peu le rythme », dit-il. « Il ne faudrait pas répéter certaines erreurs qui ont pu être commises dans les années 60. » 

Même si ces drogues deviennent disponibles au grand public, on ne sait pas exactement qui pourra les utiliser, ni comment. « Combien cela va-t-il coûter ? Est-ce que nous créons un médicament ? Est-ce que nous créons une thérapie ? Est-ce seulement pour les riches ? J’espère que non. Sommes-nous en train de créer un système qui n’est accessible qu’aux personnes ayant une assurance-santé ? Je ne le sais pas », répond M. Rush. L’ayahuasca, en particulier, a un effet secondaire important qui pourrait freiner l’intérêt des entreprises pharmaceutiques : le résultat final n’est pas seulement un « high cosmique », mais aussi des vomissements.

« Beaucoup de gens en font l’expérience dans le cadre d’un processus de guérison, de purification », dit-il. « Je ne suis pas certain que les compagnies pharmaceutiques veuillent aller aussi loin.

Le pouvoir des plantes 

En novembre, les gouvernements canadien et américain ont émis des avertissements apocryphes sur l’avenir de la résistance aux antibiotiques. L’Agence de santé publique du Canada a estimé que 40 000 Canadiens pourraient mourir d’ici 2050 d’une infection résistante aux médicaments, et jusqu’à 300 millions à travers le monde. L’Agence qualifie ses propres estimations d’« alarmantes » ; les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont constaté que la menace est plus grande que ce que les estimations précédentes avaient laissé entendre, et qu’un Américain meurt d’une infection résistante aux médicaments toutes les 15 minutes.

Candida Auris est l’une de ces superbactéries qui envahissent les hôpitaux et qui confondent les efforts pour l’éliminer. Cassandra Quave, ethnobotaniste médicale à l’Université Emory d’Atlanta, en Géorgie, pense avoir identifié un composé qui pourrait paralyser le pouvoir de cette bactérie. Cette découverte fait partie d’une série de découvertes que l’équipe de Quave a faites en étudiant la source originale de la médecine : les plantes.

Les plantes, comme le dit Quave, « ne peuvent pas simplement se lever et marcher ». Pour se défendre contre les attaques ou attirer les pollinisateurs, ils « s’appuient sur ce système très complexe de signaux chimiques dans l’environnement, et chaque tissu végétal produit des signaux chimiques uniques et spécifiques pour atteindre ces objectifs », explique Mme. Quave. 

En exploitant ces mécanismes, Quave pense qu’une toute nouvelle gamme de médicaments pourrait être créée, non seulement pour imiter la façon dont les antibiotiques tuent les bactéries, mais aussi pour découvrir d’autres moyens de rendre les bactéries moins efficaces, et donc de mettre un frein à leur capacité de nous tuer. Les produits végétaux, par exemple, peuvent empêcher les bactéries de libérer les toxines qui décomposent les tissus humains et inhibent leur capacité à partager des gènes et à faire évoluer l’immunité. 

« Nous entrons dans une période connue sous le nom d’ère post-antibiotique », dit-elle, une combinaison de surutilisation des antibiotiques existants et du manque de nouvelles options efficaces. Les antibiotiques n’ont vraiment révolutionné la médecine que depuis 100 ans avec la découverte de la pénicilline. Quave et d’autres chercheurs, comme l’ethnobotaniste John de la Perra, de Harvard, pensent que les progrès technologiques – tels que les instruments de chimie analytique comme la spectrométrie de masse – offrent un moyen de comprendre les réseaux moléculaires complexes des plantes et de libérer leur pouvoir. En conséquence, l’ethnobotanique, l’étude des connaissances traditionnelles sur les plantes, pourrait devenir la nouvelle frontière de la découverte de médicaments.

Depuis des années, Mme Quave et ses collègues parcourent le monde pour s’informer auprès des guérisseurs indigènes et fouiller dans les textes anciens pour en tirer des enseignements (une étude récente a examiné le guide de terrain de l’armée confédérée pour l’utilisation des plantes médicinales pendant la guerre civile américaine). Son travail consiste à la fois à rechercher des produits chimiques qui pourraient être utilisés dans de nouveaux dispositifs médicaux ou médicaments, et à essayer de colliger des données pour déterminer quelles sont les pratiques anciennes qui fonctionnent (les ethnobotanistes travaillent dans un cadre éthique conçu pour garantir que les communautés qu’ils visitent récoltent les bénéfices des recherches auxquelles elles participent, conformément au protocole de Nagoya).

Leur étude sur le poivrier brésilien a révélé un autre produit chimique qui semble protéger contre la tenace bactérie staphylococcique.

Le laboratoire de Quave a mis au point un pansement pour soigner les blessures tenaces en utilisant un extrait de plante de la mûre d’Elmsworth, cultivée en Italie. Ils travaillent à la mise au point de médicaments d’origine végétale pour lutter contre le mélanome.

Leur étude sur le poivrier brésilien a révélé un autre produit chimique qui semble protéger contre la tenace bactérie staphylococcique. La plante est actuellement considérée comme une espèce envahissante en Floride, où les scientifiques ont récemment relâché des milliers de minuscules insectes appelés thrips dans le cadre d’un biocontrôle visant à enrayer sa propagation. « L’ironie, c’est qu’au lieu de s’en débarrasser, on pourrait peut-être s’en servir comme médicament », explique Mme. Quave.

Le jardin botanique de Kew, au Royaume-Uni, estime qu’il y a environ 391 000 espèces de plantes dans le monde – dont une sur cinq est menacée d’extinction. Selon Quave, environ 28 000 d’entre elles ont été utilisées en médecine humaine d’une manière ou d’une autre, et pourtant la médecine occidentale n’en a étudié que quelques centaines de manière approfondie. Les possibilités sont hallucinantes. 

« Il y a littéralement des dizaines de milliers de plantes à étudier », affirme Mme. Quave.

Désolé, mais vous êtes trop jeune pour savoir si Jonathan Adler conçoit des objets osés tout en vivant sainement.

Nous, on ne bouge pas d’ici. On vous attendra.

Sous cet éclairage, il est difficile de distinguer votre âge. Petite question pour vous flatter : quel âge avez-vous?

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