Faire son chemin

Ne reculant jamais devant un débat ou une discussion inconfortable, après avoir mis à jour la consommation de crack de Rob Ford , Robyn Doolittle s'est attaquée aux agressions sexuelles et au système judiciaire. Elle nous parle du patinage, de son dernier livre et de la ténacité.

SHANDA DEZIEL
MIGUEL JACOB

Robyn Doolittle est en route pour une séance d’entraînement de patinage synchronisé à 20 heures. Même si son emploi du temps est rempli de conférences pour son nouveau livre Had It Coming : What’s Fair in the Age of #MeToo, un emploi de journaliste d’enquête à plein temps au Globe and Mail, un enfant de trois mois et un bambin à la maison, elle savoure son temps de glace. « J’ai commencé à neuf ans et je ne pensais pas en faire aussi longtemps. Mais je ne pouvais pas m’imaginer sans patins. C’est agréable de quitter complètement le journalisme et la politique, et j’adore le « drama » ridicule du patinage artistique pour adultes ». Par exemple, Doolittle a été renvoyée de sa dernière équipe pour avoir manqué des essais alors qu’elle était enceinte de neuf mois! Elle l’a découvert pendant son accouchement. Doolittle en a profité pour partir sa propre équipe !

Cette persévérance est encore plus importante dans sa vie professionnelle. Doolittle est l’un des noms les plus connus du journalisme canadien. En 2013, alors qu’elle travaillait comme reporter aux affaires municipales au Toronto Star, Doolittle a révélé l’histoire de la toxicomanie du maire Rob Ford, et a été l’une des premières à voir et à faire un reportage sur la tristement célèbre vidéo sur le crack. « Je ne suis qu’une journaliste », dit Doolittle. « Je couvrais l’hôtel de ville et le maire a cessé de se présenter. J’étais curieuse de savoir où il se trouvait ».

En 2017, sa série de reportages « Unfounded » pour le Globe and Mail a permis aux services de police de tout le pays de vérifier 37 000 dossiers d’agression sexuelle qui avaient été fermés, et a entraîné un changement systémique dans la façon dont la police traite désormais ce type d’accusations. Doolittle explique dans son livre qu’après le procès de Jian Ghomeshi, elle s’est demandé « si le système judiciaire canadien était biaisé contre les plaignantes d’agressions sexuelles… pouvait-elle prouver de manière concluante que les dossiers de viol étaient mal gérés ». 

Ces deux enquêtes très médiatisées ont conduit à des livres à succès, à un prix de « journaliste de l’année » en 2017 et à un statut de super-héros au sein de la communauté journalistique. « Une chose que j’ai apprise en vieillissant, c’est que rien ne peut remplacer le travail acharné sur le terrain », dit-elle. « Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour faire ce travail. Il suffit d’être prête à appeler les 500 John Smith dans l’annuaire. Au début de ma carrière, je me suis fait un nom dans la salle de rédaction, simplement en passant un appel supplémentaire, ou en étant prête à attendre dehors plus longtemps que les autres ».

Doolittle a révélé l’histoire de la toxicomanie du maire Rob Ford, et a été l’une des premières à voir et à faire un reportage sur la tristement célèbre vidéo sur le crack.

En 2017, sa série de reportages « Unfounded » pour le Globe and Mail a permis aux services de police de tout le pays de vérifier 37 000 dossiers d’agression sexuelle qui avaient été fermés, et a entraîné un changement systémique dans la façon dont la police traite désormais ce type d’accusations. Doolittle explique dans son livre qu’après le procès de Jian Ghomeshi, elle s’est demandé « si le système judiciaire canadien était biaisé contre les plaignantes d’agressions sexuelles… pouvait-elle prouver de manière concluante que les dossiers de viol étaient mal gérés ». 

Ces deux enquêtes très médiatisées ont conduit à des livres à succès, à un prix de « journaliste de l’année » en 2017 et à un statut de super-héros au sein de la communauté journalistique. « Une chose que j’ai apprise en vieillissant, c’est que rien ne peut remplacer le travail acharné sur le terrain », dit-elle. « Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour faire ce travail. Il suffit d’être prête à appeler les 500 John Smith dans l’annuaire. Au début de ma carrière, je me suis fait un nom dans la salle de rédaction, simplement en passant un appel supplémentaire, ou en étant prête à attendre dehors plus longtemps que les autres ».

Dès son plus jeune âge, explique Doolittle, originaire de Sarnia (Ontario), « je voulais savoir pourquoi une règle était une règle, et je me suis vraiment opposée aux règles, juste parce que c’étaient des règles ». Elle a même cité un principe d’étiquette britannique à une enseignante pour expliquer que l’interdiction de porter un chapeau à l’intérieur ne s’appliquait pas à elle et aux autres filles de la classe. « J’étais probablement une élève très irritante », admet-elle. Mais Doolittle s’est retrouvée dans un domaine où ce genre de remise en cause de l’autorité est nécessaire. « Maintenant, j’ai la responsabilité de faire ça. », dit-elle, « N’en faites pas une affaire personnelle. J’ai un travail à faire, je dois me conduire professionnellement et être juste envers tout le monde – envers les puissants, et même envers les « méchants ».

Mais la justice, ce n’est pas toujours noir ou blanc, comme Doolittle l’a réalisé en écrivant et en promouvant son livre Had it Coming. Dans son examen de la culture du viol, du consentement, du système judiciaire et de la manière dont #MeToo peut progresser, elle donne la parole aux plaignantes, aux procureurs pour agression sexuelle et aux féministes éminentes de différentes générations, mais elle examine également les aspects polarisants de la question, notamment le fait de donner la parole aux hommes. En fait, elle interroge et détaille la réhabilitation de l’ancien juge de la Cour fédérale Robin Camp, qui a tristement demandé à une femme au tribunal pourquoi elle « n’avait pas simplement serré ses genoux ensemble ».

« Je passe beaucoup de temps à examiner les procédures, les fausses accusations et la question de la rédemption. Ce sont des questions où l’opinion dominante est « Pourquoi se concentrer sur ce qui intéresse les hommes au moment où les femmes s’expriment comme jamais auparavant ? » Doolittle sait qu’il n’y a pas de solution miracle, mais elle plaide pour « la foi et la patience envers les gens, qui peuvent dire des choses stupides, mais qui apprennent de leurs erreurs et qui grandissent. »

Doolittle espère évoluer de manière personnelle avec chaque enquête et elle veut qu’on se souvienne d’elle pour certains types d’histoires plutôt que d’autres : « J’aimerais bien ne pas passer à la postérité uniquement comme celle qui a sorti l’histoire de Rob Ford » dit-elle. « Quand je prendrai ma retraite, je crois que c’est de la série Unfounded dont je serai la plus fière. Cette enquête s’est déroulée de la manière la plus parfaite. Elle s’est produite à un moment où notre culture était vraiment prête. Il en est ressorti des actions extraordinaires et c’est une des raisons pour lesquelles le journalisme est si important ». En patinage artistique, on lui accorderait un 10 parfait.

Désolé, mais vous êtes trop jeune pour savoir si Jonathan Adler conçoit des objets osés tout en vivant sainement.

Nous, on ne bouge pas d’ici. On vous attendra.

Sous cet éclairage, il est difficile de distinguer votre âge. Petite question pour vous flatter : quel âge avez-vous?

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